Le numerus apertus 2026 est désormais public. Avec une hausse globale de 3,2 % par rapport à 2025, soit près de 480 places supplémentaires, le ministère envoie un signal clair : il continue d'élargir l'accès aux études de santé, dans la lignée des engagements pris depuis 2021. Reste que cette moyenne nationale masque des disparités locales que tout candidat, actuel ou futur, gagne à connaître.
Le tableau complet par université
Voici les chiffres officiels, classés par volume décroissant, pour les filières médecine uniquement (les chiffres de maïeutique, odontologie et pharmacie feront l'objet d'un article séparé).
| Université | Places 2026 | Places 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Paris Cité | 1 850 | 1 790 | +3,4 % |
| Sorbonne Université | 1 620 | 1 580 | +2,5 % |
| Lyon 1 | 1 450 | 1 405 | +3,2 % |
| Aix-Marseille | 1 380 | 1 340 | +3,0 % |
| Lille | 1 340 | 1 295 | +3,5 % |
| Bordeaux | 1 290 | 1 245 | +3,6 % |
| Toulouse | 1 180 | 1 145 | +3,1 % |
| Montpellier | 1 070 | 1 040 | +2,9 % |
| Strasbourg | 980 | 950 | +3,2 % |
| Nantes | 910 | 880 | +3,4 % |
| Rennes | 820 | 790 | +3,8 % |
| Nice | 740 | 720 | +2,8 % |
Trois lectures de ces chiffres
1. La capitale ne creuse plus l'écart
Pendant des années, Paris Cité et Sorbonne ont concentré la majorité de l'effort national d'augmentation. Cette tendance s'inverse depuis 2024 : la croissance la plus forte concerne désormais les facultés de l'Ouest et du Sud-Ouest, à commencer par Rennes (+3,8 %) et Bordeaux (+3,6 %). Le ministère assume cette inflexion : il s'agit de répondre aux besoins médicaux des territoires où les déserts s'aggravent, en formant davantage de médecins localement, dans l'espoir, statistiquement vérifié, qu'ils s'y installent ensuite.
2. La taille n'est pas tout
Les futurs candidats ont tendance à raisonner en valeur absolue : « Paris Cité a 1 850 places, c'est le plus grand des campus, donc statistiquement c'est plus accessible. » C'est faux. Ce qui compte, c'est le ratio places/candidats. Or, à Paris Cité, on observe environ 4,2 candidats par place. À Bordeaux, ce ratio descend à 3,1. À Rennes, il est de 2,9. Plus une faculté est connue, plus elle attire, et plus la concurrence y est rude, indépendamment du volume absolu de places.
Plus une faculté est connue, plus elle attire, et plus la concurrence y est rude.
3. Les LAS, grandes oubliées du débat
Le numerus apertus globalise PASS et LAS, mais la répartition entre les deux voies varie significativement selon les facultés. Lyon 1 réserve par exemple 26 % de ses places aux LAS contre seulement 14 % à la Sorbonne. Pour un candidat hésitant entre les deux voies, ce paramètre peut faire toute la différence, et il est rarement mis en avant dans la communication officielle.
Notre conseil
Avant de candidater à une fac sur le seul critère du nombre de places, demande-toi : quel est le ratio candidats/places ? Quelle proportion des places est ouverte à ma voie (PASS ou LAS) ? Ces deux chiffres, conjugués, valent dix fois mieux que la valeur absolue affichée en première page.
Et pour l'année prochaine ?
Plusieurs signaux laissent penser que la croissance se poursuivra en 2027, mais à un rythme plus modéré (autour de 2 % selon nos sources). Les facultés peinent en effet à suivre matériellement : amphithéâtres saturés, encadrement insuffisant en deuxième année, terrains de stage limités en troisième cycle. Augmenter les places en première année sans augmenter à due concurrence les capacités d'accueil aval, c'est créer un goulot d'étranglement à retardement.
Bref, ne te fie pas trop aux tendances pour planifier une stratégie pluriannuelle. Concentre-toi sur la fac qui te correspond, sur les conditions de vie qu'elle te propose, sur la qualité de son accompagnement étudiant, bien plus que sur dix ou vingt places de plus ou de moins.